Jeudi 01 Décembre 2016

La commune de Mersch

La commune de Mersch

La commune de Mersch

Le centre du pays se développe

Un zoning d’activités économiques agrandi de 20 ha et 20 PAP en cours


 
 
Mersch, de son nom d’origine Marisca, est une ancienne ville romaine. Située au cœur du pays, à 224 mètres au-dessus du niveau de la mer, Mersch s’étend au creux du pittoresque bassin que la nature a façonné aux points de confluence de l’Alzette, de l’Eisch et de la Mamer. Anciennement industriel, Mersch reste un important village rural, et la prochaine Zone d’Activité Régionale devrait soutenir son développement économique. Le point avec Michel Malherbe, bourgmestre.

Monsieur Le Bourgmestre, présentez-nous votre commune ?


8 localités composent la commune : Mersch, Beringen, Essingen, Moesdorf, Pettingen, Reckange, Rollingen et Schoenfels, pour un total de 9147 habitants majoritairement luxembourgeois et portugais, bien que nous comptons près de 95 nationalités. Notre commune est située au centre du pays. Nous jouissons de toutes les commodités de la vie quotidienne, entourés d’une pleine nature. Haut perché, le château fort est l’élément central et caractéristique de Mersch, et la tour Saint-Michel le symbole de la ville. Les rivières Mamer, Eisch et Alzette traversent le territoire ce qui fait de Mersch une ville d’eau.

Dès le début du XXe siècle, Mersch se déploie grâce à une industrie forte : fabrique d’armes, imprimerie, etc. Dès les années 60, elle se développe économiquement avec la première zone d’activités commerciales et artisanales Mierscherbierg. Mersch est aussi la commune ayant la plus importante propriété sylvicole de 1150 hectares, ce qui la positionne comme le premier poumon vert du pays. Nous possédons 2 323 hectares de surface agricole.

Quels sont ses atouts en termes d’infrastructures ?


En termes d’infrastructures, nous comptons une excellente infrastructure scolaire, de nombreux commerces et services, une Maison de la Culture, un camping et un parc communal exceptionnels, d’une surface de 20 hectares. Dans les Kirchenwiesen, là où la Mamer se jette dans l’Alzette, se créa entre autres un lac artificiel entouré de bancs, d’un belvédère et d’un petit pavillon. Du lac idyllique, en passant par le terrain d’aventures pour les jeunes et les terrains de jeux hauts en couleur pour les plus petits, jusqu’aux bancs confortables et les sentiers propres et soignés, rien ni personne n’a été oublié. Un lieu rêvé pour tous ceux qui ont besoin de détente.

En termes de scolarité, 3 lycées dont 2 situés à proximité de la gare : le Lycée classique/technique de Diekirch (LCD) Bâtiment de Mersch, le Lycée Technique pour Professions Educatives et Sociales et le Lycée Ermesinde, pour un total d’environ 2200 élèves. Le centre Aquatique Krounebierg a très bonne réputation, de même que notre Hall Omnisports. Nous allons également bientôt inauguré notre nouvelle maison-relais Nic Welter et l’école Nic Welter, cycle 1, lesquelles sont ouvertes depuis la rentrée scolaire. Les coûts s’élèvent à plus de 15 millions €. En outre, le début de construction d’une nouvelle maison relais Krounebierg pour l’accueil de 400 enfants et d’un budget de 11,5 millions € est prévue en été 2017.

Depuis 1971, la commune offre un enseignement musical dispensé par l’Union Grand-Duc Adolphe (UGDA) sur le territoire de Mersch. Toujours soucieux d’améliorer les services pour ses habitants, les responsables politiques de la commune ont décidé, ensemble avec les 4 autres communes de la vallée de l’Alzette, à savoir Lintgen, Lorentzweiler, Steinsel et Walferdange et l’UGDA, d’harmoniser l’enseignement musical de la région.
 

Cela signifie-t-il que Mersch est une ville jeune ?


En tout cas beaucoup de familles aiment venir s’installer ici. Les dix dernières années, nous constatons une croissance démographique moyenne de 2 % par an. En 1945, nous étions 3257 habitants, en 1995 6654 et aujourd’hui plus de 9000. Elle se situe à la 11e place au niveau national en termes de population, et au 8e rang pour son territoire, qui représente 1,92 % de superficie du pays.

Quand on achète ici, généralement, c’est pour rester ! Il faut bien se rendre compte que nous sommes à 15 minutes du Kirchberg et à 20 minutes en moyenne de la plupart des villes principales en voiture. En train, nous pouvons nous rendre à Luxembourg ville en 11 minutes. Notre commune est desservie par les principaux axes autoroutiers et nous faisons en sorte d’alléger la circulation dans le centre-ville par des voies de contournement. L’Administration des Ponts et Chaussées vient de créer un nouveau pont sur le site agrocenter et a récemment ouvert le nouveau Viaduc entre Mersch et Rollingen qui fait un nouveau point de repère (Wahrzeichen) de Mersch avec ces deux tours et une véritable entrée de ville ; en outre, l’Administration des Ponts et Chaussées conjointement avec les CFL est en train de mettre en place une nouvelle liaison routière entre Moesdorf et Mierscherbierg. A côté de ces projets, plusieurs projets communaux et étatiques sont en cours d’étude, prévoyant le réaménagement d’autres routes et la création des liaisons pour la mobilité douce (piste cyclable Schoenfels, pont à Beringen…). Enfin, il est possible de tout faire à Mersch sans avoir besoin de se déplacer : se soigner, s’alimenter, travailler et s’éduquer. Nous avons même constaté qu’il était possible de construire sa maison en faisant appel à tous les corps de métier sur place.

En parlons de Zones, la Mierscherbierg compte près de 30 entreprises. Mais ce n’est qu’un début…


Mersch figure parmi les CDA (centres de développement et d’attraction) du pays. Notre PAG va être agrandi d’une surface brute de 20 hectares pour les activités artisanales, et accueillera la future Zone d’Activité Régionale prévue avec les communes de Lintgen et Lorentzweiler. La « nouvelle liaison routière » permettra un accès direct à la route nationale et à l’autoroute. Cette zone engendra également la délocalisation de différentes activités de leur centre actuel.

Concernant le logement, il reste 37 hectares de terrains à lotir. Qu’entendez-vous entreprendre ?


Un nouveau p.a.p. d’une surface brute de 17 hectares est en cours de réalisation dans le quartier gare par la commune, autrement appelé agrocenter. En 2010, la commune et l’Etat avaient préalablement organisé une consultation rémunérée, impliquant tous les acteurs concernés pour développer une première vision de ce quartier. Cet ancien quartier agro-industriel sera dans la suite viabilisé par un grand promoteur luxembourgeois pour être reconverti en logements et va également acquérir d’autres activités, comme un grand P & R de 420 emplacements. Il va falloir d’abord procéder à la démolition des bâtiments existants et le cas échant, à la dépollution des terrains. Cependant la fabrique Nouvelle Luxlait Produits (production des glaces) va encore rester un certain temps. Ce nouveau quartier accueillera 1800 personnes, soit plus que 700 logements, et deviendra partie prenante du nouveau centre de Mersch.          

Une consultation rémunérée a également été réalisée pour le centre existant de Mersch, pour permettre la revalorisation de celui-ci. Dans ce cadre, nous prévoyons également l’établissement d’un nouveau site scolaire à Rollingen et une délocalisation partielle des infrastructures sportives à la périphérie de Mersch pour éviter d’encombrer le centre actuel, et créer de nouveaux logements au centre. Mi-2017, un Parkleitsystem sera installé près de la gare pour permettre une meilleure gestion du stationnement de 400 véhicules. Actuellement, 20 p. a. p. sont en étude, en procédure ou en réalisation, représentant un potentiel de 1200 logements. Par le projet « Baulücken », la SNHBM proposera des logements à coûts modérés à 3500 euros/m2 construits sur des terrains communaux sur base d’un droit d’emphytéose.       

La commune a également l’intention de réaliser ses propres projets pour promouvoir l’habitat, par exemple avec la résidence Faber, le p.a.p. Aelenterwee à Mersch ou avec le p.a.p. Belle-Vue à Rollingen, soit 20 logements. Pour conclure, beaucoup de sites anciens comme le site de l’imprimerie Faber, de l’agrocentre ou de Creos sont prêts à être lotissés mais on ne peut pas se prononcer sur une date. Nous avons de grands projets de construction, mais cela va prendre du temps.
 

Vivre au centre de Luxembourg : à quel prix ?

 

Reliée par les transports en commun (bus et train) et profitant de l’ouverture récente de l’autoroute, Mersch est de plus en plus convoitée. Le village se développe, valide d’importants PAP, mais devra se limiter à l’existentiel. « Si le gouvernement n’est pas prêt à libérer des terrains supplémentaires, nous ne pourrons pas construire davantage », précise Abby Toussaint, gérant de l’agence immobilière du même nom, située à Mersch depuis 1979.

L’offre actuelle étant déjà rare et la demande de plus en plus croissante, les prix augmentent, positionnant Mersch encore en dessous de certaines villes, mais déjà trop cher pour de jeunes actifs. « Pour de la nouvelle construction, le prix au m2 est de 5.000 à 6.000 euros et 85.000-90.000 euros l’are, et pour de l’existant, selon l’emplacement, l’ancienneté et l’état, dans les 4000 euros ». Pour le spécialiste du marché, les futurs acquéreurs recherchent davantage de logements avec deux chambres d’environ 80-85 m2, « plus accessibles à l’achat et plus rentables à la location », environ 1400 euros le loyer pour du neuf et 1250 euros pour de l’ancien. « Les biens à louer partent très vite tellement la demande est effective ». Des biens du type studio qui permettraient à des jeunes de s’installer dans la commune sont quasi inexistants. Pour autant, les acquéreurs et demandeurs n’ont pas de profil type. « Il y a autant de jeunes familles que de personnes plus âgées qui souhaitent acheter ou louer ici, tout simplement parce qu’on peut y vivre sans avoir besoin de prendre sa voiture. Mersch est un cocon, on y vit en toute intimité, entourés de la nature à quelques kilomètres de la capitale. C’est un luxe ».


Auteur : Emilie DI VINCENZO