Le Bercuit - Hélène Guillon-Lempereur, impératrice en son domaine

 

Il est des propriétés sorties du sol pour vivre de véritables destins, parfois indépendamment de leurs propriétaires successifs. Construite pour le pilote automobile Jacky Ickx et son épouse Catherine Blaton, le Bercuit connaîtra mille heures de gloire et de fêtes mémorables pour ensuite changer de propriétaire et attirer l’œil expert, esthète et enthousiaste du tandem professionnel franco-belge Lempereur qui l’acquiert en 2014…

 

Texte : Alix Bellac
Photos : Mathieu Freund-Priacel 

 


Hélène Guillon-Lempereur nous reçoit dans le bureau qu’elle s’est élégamment aménagé au Bercuit. La propriété que le couple remet aujourd’hui en vente après l’avoir magnifiée, est un écrin époustouflant, hommage à l’architecture et la nature combinés. Olivier Lempereur, architecte et son acolythe, décoratrice d’intérieur, ont ici trouvé un terrain de jeu à la mesure de leurs créativités complémentaires. En exclusivité, la dame des lieux nous parle de ce qui fait la force et la magie de cette demeure toute en sereine harmonie.

 

 


Le Bercuit, enfant des années 70

Sortie de terre dans les années 1970, idéalement située en haut d’une colline face à une vallée où l’œil n’achoppe que sur la verdure, il n’y a pas de sophistication intempestive par ici. Des lignes pures, des matériaux nobles mais rien de tapageur et une structure finalement toujours contemporaine, propre aux bâtisses des 70’s. Partout où le regard se pose, celui-ci est flatté par des lignes pures et sobres.

Transformée une première fois en 1980 par les propriétaires de l’époque, puis en 2014 par les Lempereur, il semble bien que promouvoir la substantifique moëlle du savoir-faire architectural fut le crédo commun à tous. Ainsi donc, volumes, matériaux, lumière tant naturelle qu’artificielle se conjuguent pour un bien-être en adéquation avec le lieu et un confort de vie au jour le jour.

                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                 

Rénover mais respecter

« Lors de l’acquisition du domaine, nous avons finalement effectué peu de modifications, souligne Hélène Guillon-Lempereur. Mais il est vrai que l’attrait de ce projet est d’avoir pu exprimer notre capacité à rénover sans tout casser (sourires). Les volumes initiaux étaient particulièrement bien pensés pour l’époque et les bonifications que nous avons pu apporter se révèlent dans les perspectives, structures, matériaux et textures. Ainsi, comme pour tous nos projets, l’éclairage est fondamental. S’il n’est pas adéquat dans une salle à manger, le dîner ne sera pas réussi (il en va d’ailleurs de même pour l’acoustique). »

 


Pertinente luminosité

« Au Bercuit, Olivier Lempereur a opéré de façon rigoureuse et pointue, une mise en valeur des volumes et des jeux de lumière. Ainsi dans la salle à manger, pièce morte par excellence, celui-ci a imaginé une boîte dans la boîte afin de magnifier la lumière et l’acoustique. L’essence de sycomore grand brillant est venue couvrir et sublimer les modifications apportées. Le résultat est que l’on ne décèle pas la source lumineuse, on ne profite que de la lumière en elle-même. Grâce à la présence d’une cave à vin jouant magistralement avec les transparences et volumes, une scénographie esthétique se joue et évolue sous les yeux des convives, en fonction de la clarté désirée.


Bois, pierre et centimètres en plus

Les parquets de la maison, conçus initialement en chêne clair ont été repensés par Hélène Guillon-Lempereur, dans un jus ton « ébène ». Les deux acolytes ont également choisi de modifier la structure du bar, pièce emblématique et conviviale de la maison : « Celui-ci était en bois, nous avons décidé qu’il méritait la force et le caractère de la pierre. Il a donc été démoli et intégralement reconstruit en travertin titanium, pierre dont la particularité est de parfois renfermer des empreintes de feuilles ». La nature étant décidément l’un des éléments de prédilection du tandem, dans la suite parentale, une marche pour surélever le lit et ainsi gagner quinze centimètres de hauteur et de vue imprenable sur la nature, a été l’une des transformations hautement désirées. 


Du temps mais pas trop

Hélène Guillon-Lempereur sourit encore : « Véritable gageure, les travaux ont été réalisés en huit mois pour une surface de 800 mètres carrés. Pour un tel projet, on part plus généralement sur des délais de 15 à 20 mois. »

Voilà ce qui participe sans doute de la valeur ajoutée des Lempereur : très réactifs dans leurs prises de décisions, leurs chantiers évoluent à un rythme soutenu. « Tout (des volumes aux matériaux en passant par les finitions puis les objets d’art, la vaisselle, le linge de maison) est pensé en amont afin de ne pas perdre de temps et trouver les prestataires les plus en adéquation avec le lieu. »

Il en fut du reste ainsi pour les chantiers des boutiques Oberweiss que les Lempereur ont imaginé et conçu en adéquation avec l’art de vivre à la luxembourgeoise. « Une fois que les travaux ont démarré, le jour où la première pierre a été cassée, il n’y a pas eu de temps mort ni d’hésitations », aime à se remémorer la maîtresse du Bercuit qui s’en va maintenant officier vers de nouveaux défis et chantiers prometteurs.